Alimentation [1/4] : écouter son corps, principe essentiel d'une alimentation positive.

Quand j'avais des troubles digestifs et des inflammations chroniques, j'ai cherché comment m'alimenter de façon à mieux respecter mon corps. Et j'ai eu beaucoup de mal à trouver une solution qui me convienne vraiment.


Je tombais essentiellement sur des régimes hyper-restrictifs et des solutions inapplicables sans passer par des années de formation. J'étais pourtant persuadé qu'il suffisait de quelques principes simples pour résoudre 80% de mes problèmes. Mes problèmes digestifs, bien sûr, mais même au-delà, car l'alimentation influence l'humeur et la volonté.


C'est finalement en m'intéressant aux thérapies corporelles que j'ai trouvé ce que je cherchais. Avec le massage du ventre, d'une part, mais aussi avec l'alimentation japonaise.


Je ne prétends pas être un expert en la matière. Je publie néanmoins cette série de quatre articles pour partager mes découvertes. Avec l'espoir qu'elles pourront, peut-être, aider quelques personnes.


Dans ce premier article, je vais me concentrer sur l'écoute du corps, qui est centrale selon moi. Les autres traiteront de la quantité de nourriture (ici), du processus pour bien digérer (), et de la qualité de nos aliments (). Cet ordre n'est pas un hasard et traduit, selon moi, l'importance relative de ces différents aspects.


Avant d'entrer dans le vif du sujet, je me permets d'abord de revenir sur quelques éléments théoriques pour que vous puissiez bien comprendre.


Au cœur de la pensée orientale, on considère que l'alimentation joue un rôle important parmi les ressources vitales du ki. Avec la respiration, l'eau, et, dans une moindre mesure, la lumière du ciel, tout ce que nous mangeons constitue un carburant indispensable au maintien de la vie. De nombreux auteurs vont encore plus loin en affirmant que l'alimentation est "le premier des médicaments", et donc, en symétrie, si on mange n'importe quoi, "le premier des poisons". C'est une idée très importante dans le Yakuzen par exemple, qui est la transposition de la diététique chinoise au Japon. Ainsi que dans la Macrobiotique, développée par Yukikazu Sakurazawa (plus connu sous son pseudonyme George Ohsawa) au début du XXe siècle.


Personnellement, je me retrouve assez bien dans cette vision, tant sur le plan intellectuel que sur le plan physique. C'est ce que je ressens dans mon ventre. Et je ne crois pas être le seul.


Qui n'a jamais regretté un repas trop copieux et trop arrosé en se réveillant le matin ? C'est une mauvaise humeur assurée et, disons-le, une énergie au plus bas pour toute la journée. Qui ne se souvient pas non plus du goût abominable de sa première gorgée d'alcool ? Au fond, nous savons toutes et tous que ce n'est pas bon de reproduire cela trop souvent. Et notre corps sait très bien nous le faire comprendre 🙂.


Pour s'alimenter correctement, il convient avant tout d'écouter son corps, ses envies et ses besoins. C'est-à-dire, concrètement, de manger quand on a faim, de manger des choses qu'on aime, et de manger dans des proportions qui nous conviennent.


"La notion de plaisir est importante"


Manger ne doit pas être une routine, ni une obligation. Ça doit être un plaisir, une satisfaction, et même, si j'osais, une méditation au service de notre bien-être.


C'est un moment de reconnexion au corps et de prise en compte de ses besoins. Sans une bonne écoute, ça me semble très difficile de s'alimenter de la façon qui nous convienne vraiment. Cela implique, bien sûr, de ne pas s'enfermer dans un régime rigide, ni de renoncer aux différentes envies qui nous traversent, aussi extravagantes ou "malsaines" soient-elles. La notion de plaisir est extrêmement importante. Akinobu Kishi, fondateur du Seiki-Soho, disait notamment : "Le plus important, c'est de communiquer avec la personne que nous avons en nous. Si on analyse trop, c'est la nourriture qui nous mange. C'est important d'apprécier la vie et de manger des choses qu'on aime."


J'ouvre ici une parenthèse au sujet des mécanismes de compensation alimentaire, en cas de stress notamment. Je crois pouvoir dire ceci : si ces pulsions sont là, c'est pour une raison. Elles répondent à un besoin précis. Et ce n'est pas en se privant, donc en rajoutant de la tension dans le corps, qu'on arrivera à faire disparaître le stress. Il faut s'attaquer aux causes, pas aux conséquences. Bien sûr, que cela n'empêche pas d'identifier ce qu'il se passe. Car ce n'est pas anodin pour autant 😉.


Le corps sait très bien ce qu'il fait, et ce dont il a besoin. Il suffit de l'écouter et de lui faire confiance. C'est pourquoi je suis favorable à une alimentation déculpabilisée et à des principes déculpabilisants 🙂. Ça ne m'empêche pas de prôner un retour à une forme de simplicité alimentaire, de même qu'aux saveurs authentiques des fruits, des légumes et des céréales.


Nous avons tendance à ajouter toujours plus de graisses, de sucre, d'épices, d'herbes, de sauces et de condiments pour satisfaire nos palais anesthésiés. Or, ça me semble très difficile d'identifier ce dont on a besoin quand autant de saveurs se mélangent dans notre bouche à chaque repas. Et qu'on n'arrive plus à identifier le goût d'un fruit, d'un légume ou d'une céréale. Il s'agit peut-être là d'une sensibilité personnelle, mais je tenais à vous la partager. Car je crois que c'est une clé pour mieux se comprendre. Elle se retrouve d'ailleurs très largement dans l'article [4/4] Manger mieux, dernier principe pour rétablir son équilibre intérieur.


Si je suis pour qu'on se fasse plaisir, je ne suis pas pour qu'on mange n'importe quoi 😊.


En ce qui concerne les proportions, tout est détaillé dans l'article suivant : [2/4] Manger moins, premier principe d'une vie plus légère.


Bonne lecture !

 

Pour résumer, bien manger, c'est avant tout :

  • Ecouter son corps, ses envies et ses besoins.

  • Se faire plaisir.