— LE SHIATSU, UN ART JAPONAIS

Encore méconnu en France, le shiatsu (qui se prononce "chiatsou" 😉) répond pourtant aux maux d'une société effervescente, toujours plus anxiogène et sédentaire. Signifiant littéralement "pression des doigts", cette technique japonaise permet de libérer ses émotions, d'équilibrer son corps et de réveiller son énergie. Dans le but, toujours, de renouer avec son authenticité et de révéler sa nature profonde.

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UN ART JAPONAIS AUX NOMBREUX EFFETS.

Le shiatsu permet de soulager les tensions musculaires et les troubles articulaires qui leurs sont liés. Il est par exemple indiqué pour les douleurs au dos ou les troubles musculosquelettiques. Ses effets sont toutefois plus vastes puisqu'il agit dans toutes les couches énergétiques du corps. Il fait circuler le ki – l'énergie vitale – dans les méridiens et intervient à un niveau très subtile en améliorant les connexions du corps et de l'esprit.

 

Toutes ces dimensions font du shiatsu une technique adaptée pour aider les personnes ayant des problèmes chroniques, qui traversent une période de stress ou connaissent des tensions émotionnelles intenses. Elles permettent également de soutenir une démarche de développement personnel ayant pour but de révéler ses talents naturels et de vivre sa vie de manière authentique, sincère et vraie.

DES PRESSIONS DE POUCE, ET PAS SEULEMENT.

Le shiatsu est un enchaînement de pressions de pouce et de paume le long des lignes tendino-musclaires ou des méridiens de la médecine traditionnelle chinoise. Shi signifie "doigts" et Astu signifie "pression". Le praticien utilise également des mobilisations et des étirements faisant davantage penser aux techniques occidentales pour libérer les tensions et rétablir la circulation du ki.

 

Le shiatsu est une synthèse des pratiques inventées en orient et en occident, et même, pour le dire un peu différemment, une unification de la tradition et de la modernité. Il s'appuie autant sur les connaissances empiriques et scientifiques du corps humain que sur l'approche philosophique et spirituelle propre aux médecines orientales.

 

Cet esprit de synthèse est une force, parce qu'il permet d'apporter des réponses complètes aux maux du corps et de l'esprit. Il permet de révéler et d'exprimer sa propre sensibilité lors de la pratique, qu'on soit donneur ou receveur.

FAVORISER UN ÉTAT RÉGÉNÉRATEUR.

La plus grande force du shiatsu réside dans sa capacité à activer les fonctions auto-réparatrices du corps. L'état de bien-être que tout le monde ressent après un massage renforce l'action du système nerveux parasympathique et concentre le ki sur les zones qui en ont besoin. C'est le principal enseignement des travaux menés par Tokujiro Namikoshi et Shizuto Masunaga dans les années 1950. Ces derniers ont amené le ministère de la santé japonais à reconnaître officiellement le shiatsu comme thérapie en 1957.

 

Les découvertes récentes sur les fascias apportent des éclairages intéressants pour mieux comprendre comment cela fonctionne. On réalise finalement que tout est connecté. Alors qu'on pensait que le corps était une machine au service de notre mental, on découvre que notre équilibre dépend d'une symbiose très complexe entre différents systèmes, qui communiquent sans cesse et s'équilibrent mutuellement. Finalement, le shiatsu rétablit les connexions et harmonise l'ensemble du corps/esprit. Dans le même ordre d'idée, les découvertes sur les intestins confirment ce que les japonais constatent depuis toujours sur le rôle du hara – l'abdomen – dans notre système immunitaire et notre équilibre émotionnel. Le massage du ventre est plus que jamais une spécificité au coeur du shiatsu.

SHIATSU, DE L'ACUPUNCTURE AVEC LES DOIGTS ?

En Europe, on assimile souvent le shiatsu à de l'acupuncutre "avec les doigts". C'est en partie vrai, et cela peut s'entendre par esprit de simplicité, mais c'est loin de décrire ce massage dans toutes ses dimensions.

 

Notons déjà qu'il y a des différences culturelles et conceptuelles entre le Ki japonais et le Qi chinois, bien qu'ils renvoient tous les deux à l'énergie vitale. Le shiatsu ne s'appuie pas non plus toujours sur la théorie des méridiens. Autant dans la première école de Tokujiro Namikoshi que chez les pionniers comme Tenpeki Tamaï, ils sont totalement absents. Seule l'anatomie était prise en compte pour lire le corps humain. En France, Hiroshi Iwaoka propose d'ailleurs un shiatsu basé uniquement sur les lignes tendino-musculaires.

 

Au-delà des différences théoriques, l'essence du shiatsu repose sur Kidoma, l'art de toucher au bon moment, au bon endroit, le temps qu'il faut. Et la chaleur ou la délicatesse d'une main ne sera jamais comparable à la pointe froide d'une aiguille.

 

L'acupuncture est une pratique très intéressante, mais elle répond à une toute autre sensibilité.

COMMENT EST PRATIQUÉ LE SHIATSU ?

Dans la culture japonaise, le contact peau à peau est réservé au cercle intime. C'est pourquoi le shiatsu est toujours pratiqué habillé, et qu'on utilise, parfois, un tenugui (morceau de tissu traditionnel) comme intermédiaire pour intervenir sur la tête et le visage.

 

Dans sa version traditionnelle, qui est bien souvent familiale, il se pratique au sol, sur un futon ou un tatami. De plus en plus de praticiens proposent néanmoins des shiatsus sur table afin d'offrir une expérience plus confortable et, disons-le, préserver leur propre dos 🙂. Pour ma part, je pratique le shiatsu sur table en cabinet, et je pratique au sol quand je me déplace à domicile.

Bien sûr, le shiatsu n'a pas vocation à "soigner" dans le sens occidental du terme. Il ne se substitut pas au suivi médical par un médecin traitant.

Le shiatsu est un échange, une relation, une mise en résonance entre deux personnes.

Il est conseillé à tout le monde d'essayer au moins une fois.

Généralement, on en redemande !